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oct
23

E-learning : la maturité des plateformes, pas des usages

Bien avant le « Cloud Computing », les premières plateformes de e-learning ont vu le jour… S’il y a fort à parier que des nuages spécialisés dans la formation en ligne arriveront prochainement, l’interface universelle, le web, est maintenant la règle pour les universités et écoles privées qui ouvrent des enseignements à distance. Côté client, la donne a totalement changée avec l’arrivée des tablettes qui ont cannibalisé le marché de notebooks et viennent concurrencer les ordinateurs portables sur le terrain de la technologie fournie par l’école. Avec le Kindle Fire, Amazon a prouvé qu’il était possible de créer des tablettes bon marché. En terme de maintenance un tablette est également moins onéreuse. La tablette est-elle pour autant la « solution providentielle » pour les étudiants ? Tout dépend du scénario pédagogique élaboré par les enseignants.

Il est encore difficile, pour une tablette, d’atteindre un niveau de productivité égal à celui d’un laptop récent. Cependant, les appareils tactiles excellent dans les applications de communications, dans la navigation internet, et progressent considérablement dans le domaine la gestion documentaire, appuyé par les offres cloud qui se multiplient. La productivité apparaît donc comme un dernier rempart – de taille – au fait d’envisager un usage de masse des tablettes dans les écoles… Cette limitation n’est pas qu’une question de performance matérielle, c’est surtout une question d’ergonomie, de transposition des savoir-faire dans le monde tactile, qui semble plus ou moins réaliste selon les métiers (applications musicales, de PAO, etc…).

Pour ce qui est de l’accès à la connaissance, en parcourant les catégories « références » de l’App Store d’Apple et de l’Androïd Market de Google, on peut rapidement voir que les applications sont légions… preuve qu’il n’y a aucun problème pour les enseignements théorique. A condition de diffuser des cours dans des formats navigables et connus de tous les fabricants/éditeurs (qu’il s’agisse de documents écrits, de vidéos ou d’enregistrements sonores),  il est possible d’accélérer la diffusion des supports pédagogiques et de se focaliser davantage sur le sens, l’organisation et le découpage des séquences pédagogiques, etc. La diffusion de cours en direct (streaming), connaît encore des limitations qui proviennent pour l’essentiel d’enjeux commerciaux, mais elle se libéralise lentement.

Qu’en est-il de l’interactivité, des exercices ? A trop attendre des « Apps » qui tirent en réalité  leur substance de bases de données hébergées sur des serveurs web en apportant une interface (parfois) optimisée pour le tactile; on en oublierait presque la puissance des formulaires web, et des outils de programmation qui ont fait leurs preuves avant l’arrivée des tablettes. La production d’outils de contrôle des connaissances est un enjeu majeur du e-learning et les enseignants et formateurs devront pouvoir concevoir des applications – web – sans connaissance en programmation. La conception de programmes spécifiques à une plateforme serait un non-sens économique et pédagogique. Le « tout-application » hors navigateur web a pris une telle ampleur ces dernières années, qu’il ne serait pas étonnant que des éditeurs de logiciels spécialisés étudient actuellement une opportunité de marché et démarcheront demain les écoles en agitant le drapeau de la sacrosainte sécurité informatique, et un nuage joufflu pour packager leur offre. Aux responsables SI de rester vigilant…

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