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déc
10

De la complémentarité du SI web et du parc informatique

S’appuyer sur les technologies web pour rendre accessible son applicatif métier tend à devenir un standard. Pourtant, il ne faut pas perdre de vue que l’interface utilisateur première reste le bureau Windows. Dans des réseaux en domaine sous TSE, les utilisateurs évoluent maintenant dans plusieurs dimensions. Il y a le bureau du client léger donnant accès au web et à la gestion des fichiers sur le serveur local. Il y a les applications web, plurielles. Enfin il y a le bureau du serveur distribuant la suite bureautique. Au milieu de cette forêt technologique certains ont vite fait de se perdre, et on ne saurait les blâmer. Comment simplifier la vie des utilisateurs de votre SI, qui sont également les utilisateurs de votre parc ? Quelques pistes…

Évitez d’ajouter de couches inutiles
Récemment j’ai été invité par plusieurs éditeurs de logiciels qui souhaitait me présenter leurs solutions de GED (Gestion Électronique du Document). Cela m’a fait prendre un recul important par rapport au cycle de vie des documents dans l’entreprise. La nécessité d’archiver des fichiers sur de très longues périodes est beaucoup plus importante pour les services RH et Comptabilité que dans n’importe quel autre service. Les systèmes de GED, souvent couplés à des solutions matérielles d’acquisition des documents (scanners),  nécessitent l’installation d’un programme natif sur le poste de l’utilisateur où sur le serveur du domaine. Cette couche applicative supplémentaire vient densifier un peu plus l’environnement de travail. Aussi, avant de déployer massivement ces « navigateurs de fichiers améliorés », identifiez clairement si le cycle de vie du document – pour chaque profil métier ou service – le justifie.

Fusionnez ce qui peut l’être
Ma position est peut être radicale, mais les clients de mails embarqués dans un navigateur sont, à mon sens, suffisamment élaborés aujourd’hui pour pouvoir être déployés massivement… et c’est tant mieux ! Les logiciels de messagerie importent, exportent et génèrent des fichiers. L’avantage d’un client web réside dans le fait que ces processus sont cadrés par les navigateurs et commun à de nombreuses applications web. Les pratiques de manipulation de fichiers hors « explorateur windows » s’en trouvent unifiées, nul besoin d’apprendre de nouvelles méthodes. Exit donc Outlook et autres clients natifs. La messagerie, c’est sur le web, et nulle part ailleurs (pour ce qui concerne les ordinateurs évidemment, je ne parle pas ici des smartphones et autres tablettes).

Radical, je le suis beaucoup moins pour ce qui est de la bureautique « online ». Quel niveau de performance en production ? Quel rendus, sortis de la plateforme web ?  La bureautique « dans » le web, une promesse alléchante dans laquelle des géants comme Google ou Microsoft s’engouffrent mais pour laquelle il convient d’adopter un regard pragmatique : on nous vends aujourd’hui de la mobilité, on se risque moins sur le terrain de la productivité. Dans un contexte TSE avec un bureau serveur dont la fonction principale pour l’utilisateur se résume à l’accès à la suite Office, la transposition des applications Word, Excel et consort dans le navigateur internet, signifiera l’unification des deux bureaux Windows du client léger.

Balisez le terrain
Permettre à tous les utilisateurs d’un parc informatique d’en comprendre l’architecture est essentiel. On insistera évidemment sur l’arborescence des fichiers, souvent mal expliquée mais aussi importante sinon plus que le fonctionnement même des programmes ! Tout utilisateur d’un système doit pouvoir identifier sa zone de stockage personnelle, la zone de partage local, et celle du partage distant inter-sites, si distincte.  Il s’agit souvent d’une condition sine qua non pour l’adhésion d’un individu, voire d’une corporation entière, à un changement de parc.

Du côté des applications web, elles ont beau avoir chacune leur fonctionnement propre, leur ergonomie n’en est pas moins normée. Le web est assurément le format évolutif de système d’information offrant le meilleur ratio confort/performance. Ce n’est pas pour autant qu’il faut s’abstenir de former ou de documenter ! Au contraire il s’agit d’une opportunité incroyable de se concentrer sur le fond, le sens, l’approche métier. L’abstraction quasi totale de l’aspect « prise en main de l’application navigateur » (maîtrisé de tous ou presque) permet cette prouesse. De fait, le web est l’approche métier des systèmes d’informations actuels.

Adoptez une vision globale
Se recentrer sur deux pôles forts avec d’un côté « le bureau Windows », porte d’entrée du réseau-domaine de l’entreprise, et de l’autre un fort ancrage applicatif web; est un acte fondateur qui constitue le socle indispensable à un rapprochement des deux mondes – toujours – dans l’intérêt de l’utilisateur (et in fine de la valorisation de sa productivité).

Vous utilisez un serveur web Linux et un domaine Windows ? Jouez sur la complémentarité de ces technologies ! Partez de Visual Basic Script et arrivez sur PHP pour faire en sorte que vos utilisateurs entrent dans leurs sessions Windows, et qu’une fenêtre web leur propose instantanément un accès rapide à toutes leurs applications web, en suggérant logins et mot de passe automatiquement. Profitez de la gestion native du FTP par Windows pour créer des espaces disques individuels ou collectifs sur votre serveur web, sans réseau privé… et en couplant le processus à un système de publication !

Les passerelles entre les deux mondes sont plus nombreuses qu’on ne le croit. Le principal étant de rester à l’écoute des besoins de tous les membres de votre organisation.

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